Partie 1 :Comme chaque après-midi depuis plus de deux ans et demi maintenant, je rejoignais le coin bibliothèque, pour pouvoir étudier tranquillement. Je marchais, évitant de croiser quelques regards négatifs à mon sujet et ouvrais la petite porte en bois, pour enfin m'engouffrer dans un univers souvent qualifié d'intellectuel.
Je regardais autour de moi, à la recherche d'une table « solitaire » et alignais les pas, pour enfin aller m'asseoir. J'aimais vraiment être ici, c'était tranquille et paisible ; ce qui me calmerait sûrement durant quelques heures.
Je posais mon sac sur la table, partais à la découverte de mon manuel de management des organisations et sortais ma trousse ; pour commencer à réviser les différents chapitres vus les mois précédents. Et à peine avais-je commençais que ma tête me donner un mal de chien... Pour être franc, je n'ai jamais été passionné par le contrôle et les différents pouvoirs d'une entreprise ou autres. J'aurai déjà voulu commencer, par savoir me contrôler moi-même à vrai dire...
Je refermais le bouquin en vitesse et l'éloignais le plus possible de moi, comme s'il avait la peste. «
Je ne tourne vraiment pas rond » pensai-je en fermant légèrement les yeux. «
Ce n'est pas possible, je vais devenir dingue »
Je rouvrais les yeux et remettais en place une mèche rebelle, avant de souffler et me repositionner comme il y avait à peine cinq secondes. J'étais tellement tendu en ce moment, que je n'arrivais plus à rien. Mes pensées et mes envies étaient comme bloquées pendant un laps de temps, qui me semblait drôlement long.
Mes prunelles se rajustèrent à la lumière environnante pour une énième fois et se posèrent à la fenêtre à ma droite, comme par instinct. Je pouvais alors voir un couple passer main dans la main avec un sourire sur les lèvres ; et j'eus l'impression que mon ventre se tordait à cette simple vision. Moi aussi, j'aurai aimé être comme eux. Moi aussi j'aurai aimé attirer l'attention sur moi. Moi aussi j'aurais voulu qu'on me tienne la main et qu'on me lance des regards qui en disent long. Moi aussi j'aurai aimé que quelqu'un me porte un peu d'attention. Mais il semblerait que cela ne serait jamais le cas.
Une microseconde plus tard, mes lèvres se serrèrent un peu plus, lorsque l'idée qu'
il voudrait peut-être un jour de moi m'effleurait l'esprit. Il me semblait que je devenais presque pathétique à cet instant même, en pensant ne serait-ce que une minute à ce qu'
il pourrait éprouver pour moi. C'était totalement impossible et là,
ce n'est pas seulement mon ventre qui se tordait, mais aussi mon c½ur...
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Je parcourais la rangée de livres à la recherche de Dom Juan de Molière et pointais du doigt chaque bouquin susceptible d'être celui que je voulais. Je les scrutais tous, effaçant parfois des grains de poussière grâce à mon passage, et toussotai légèrement à cause de ces particules presque invisibles qui courraient jusqu'à mes poumons. «
Il serait peut-être temps qu'il fasse le ménage » pensai-je, toujours à la recherche de ce foutu livre de poche...
Je soufflais, expirant l'air par la bouche et passais ma main gauche dans ma poche arrière, en tapant une pause, il faut l'avouer, pas vraiment masculine. «
Où es-tu bouquin de malheur ? » dis-je d'une voix exaspérée, alors que personne n'allait me répondre, et surtout pas le concerné...
«
Tu cherches quoi ? » me répondit une
voix masculine rieuse et douce, à mon plus grand étonnement.
«
Hein ? Euh, bah... » Bafouillai-je sans me retourner vers la personne qui me parler, un peu gêné. «
Hum, Dom Juan en fait » repris-je, un peu plus sûr de moi, cette fois.
«
On est là pour la même chose alors... » Ajouta-t-il avant de s'avancer un peu plus vers la rangée où je me trouvais. Il fit face à la grande colonne de bouquins en tout genre et leva son bras droit, essayant sûrement d'atteindre le livre recherché.
Je restai droit, bougeant le moins possible, puis mis ma tête en biais, vers la gauche, pour pouvoir essayer de regarder qui était le mec à la belle voix, à côté de moi. J'écarquillais ensuite les yeux à la seconde où mes yeux rencontraient
son visage. Ce n'était pas n'importe qui. C'était
lui.
A peine une seconde après avoir repris ma respiration, mon c½ur s'emballa ; alors que je le scrutais discrètement. Il n'était
pas simplement beau. Ses traits dégageaient tellement
plus encore, que je failli oublier pourquoi j'étais ici...
«
Oh putain... » Me coupa-t-il en pleine rêverie. Il se mit ensuite sur la pointe des pieds et tendit un peu plus le bras, pour essayer d'attraper l'½uvre de Molière.
Il me semblait que je perdais la plupart de mes moyens en
sa présence et je rougis violemment en voyant une partie de
son aine dégagée, ainsi que son boxer. Je me pinçais les lèvres avec force, en pensant que mes doigts aimeraient errer à cet endroit, puis essayais de détourner les yeux... Mais bien sûr, mes prunelles ne devaient pas être de cet avis, puisqu'elles se recollèrent sur
sa peau qui semblait
agréablement douce et lisse.«
Ah, je vous ai enfin ! » m'interrompit-il une deuxième fois, lorsque je songeais à m'approcher juste un tout petit peu plus de lui. Il se reposa, les pieds à plat et se retourna vers moi avec un sourire, que je pourrais qualifié de
renversant... Je le scrutais, sans vraiment faire attention et voulu passer un doigt sur
ses lèvres légèrement
pulpeuses, ainsi que glisser mes lèvres sur
son piercing au labret. Je devenais fou, je ne voyais pas d'autres explications, pour avoir un comportement tel que celui-ci en
sa présence... Je bougeais alors ma tête, évacuant toutes idées dans mon esprit et m'écartais d'un pas.
«
Tiens. » Il me tendit un livre, attendant que je veuille bien le prendre, puis me sourit une dernière fois ; avant de me lancer un «
à un de ces jours, peut-être » et de quitter la pièce sous mes yeux admirateurs...
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Je parcourais les pages, les unes après les autres, tout en repensant à la personne qui m'avait tendu ce livre ; et je me maudissais mentalement encore une fois de penser a
lui ; alors que de son côté, ce n'était sûrement pas le cas...
Je fermais le livre, positionnais mes jambes sous mes fesses, alors que mes yeux parcouraient la bibliothèque. J'étais bien et personne ne me dérangeait, pour mon plus grand bien. J'étais encore une fois tout seul, mais c'était maintenant une vieille habitude qui ne me dérangeait plus tant que cela, non plus...
Je rouvrais Dom Juan de Molière une dizaine de minutes plus tard et me remettais à lire l'½uvre en imaginant quelqu'un d'autre comme personnage principal... Il me semblait que l'attitude et les facettes de
son caractère, correspondaient presque totalement à celle que je me faisais de Dom Juan. En tout cas, j'étais persuadé au fond de moi, qu'
il pouvait être, lui aussi,
le tombeur de ces dames...
Pour être franc, il existait des différences entre ces deux personnes, mais je me disais qu'au-delà,
lui était capable d'accomplir autant de choses que Dom Juan lui-même, en ce qui concernait les femmes : il pouvait les
attirer, les
séduire ; les
tromper peut-être inlassablement aussi...
Les femmes, voilà qu'un pincement au c½ur se fit ressentir alors que je supposais qu'évidemment il était hétérosexuel... En même temps, comment le contraire serait-il possible ? «
Toute personne normalement constituée est censée aimer le sexe opposé » comme me l'avais assez répété ma mère depuis que j'avais des doutes sur mes préférences...
Il était inévitable qu'il aimait les femmes ; il devait peut-être même apprécier passer un temps inconsidérable avec elles, juste pour passer du bon temps en leur compagnie... Il était aussi très probable que leurs formes et leurs façons d'être l'attirait ; alors que moi, un mec qui plus est, ne pourrait rien lui offrir de plaisant...
Mon esprit se grisait rien qu'à ces pensées qui pouvaient sembler tellement incohérentes à vos yeux ; alors qu'aux miens c'était tellement différent...
Il m'attirait,
il me plaisait sans qu'il ne le sache ; et cela depuis plus de six mois maintenant. Je me maudissais moi-même, d'ailleurs, de lui porter autant d'intérêt alors qu'il ne devait même pas savoir qui j'étais...
En y repensant, j'avais l'impression d'être « anormal », (comme aurait dis la femme qui m'avait mis au monde). C'est vrai, elle avait sûrement raison, tout comme mon père d'ailleurs... Mais est-ce vraiment ma faute ? Est-ce si grave que cela de s'habiller de la façon que l'on aime ? Est-ce si bête de passer autant de temps devant la glace le matin, juste pour pouvoir me dire que peut-être je pourrai plaire à un garçon qui ne m'accorde aucun regard ? Est-ce si débile que cela d'être peut-être tomber amoureux d'un garçon, complètement différent de moi ? Est-ce si incroyable que cela que je veuille
attirer le regard de ce garçon en particulier alors qu'il doit être purement hétéro et donc indifférent à moi ? Est-ce une grande idiotie de le vouloir seulement pour moi, alors qu'il ne le sera jamais ? Tant de questions où une seule réponse est exacte : Oui. Et étrangement, ça fait beaucoup plus de mal que de bien, dans le c½ur d'un idiot comme moi...
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Deux écouteurs dans mes oreilles, je m'avançais en direction de la bibliothèque, pour ne pas changer... J'ouvrais la porte, la refermais en un cliquetis et marchais jusqu'à une table complètement désertée, en à peine dix secondes. Je n'avais pas la moindre envie de bosser, mais ce lieu me paraissait tellement familier depuis plus de deux ans que j'étais venu me réfugier ici ; dans l'espoir de ne penser à rien...
Mais à peine étais-je assis que mes jambes bougeaient de façon synchrone sous la table. Le stress était donc devenu apparent et je me pinçais les lèvres, triturant mes longs doigts fins manucurés de noir, par la même occasion...
J'aimais et je n'aimais pas le lundi, tout comme le vendredi. Ces deux jours étaient séparés par quelques autres jours ; mais cela n'empêchait en rien, le fait qu'ils étaient synonymes dans mon esprit... Il y avait un
début et une
fin à quelque chose dans chacun... Il y avait une partie
plaisante et l'autre, assez
destructible, aussi...
Pourquoi ?! Pour tout vous avouer, je n'ai pas mis longtemps à le savoir ; et au fond, c'est tellement infantile, peut-être même puéril... Mais, j'appréhendais toujours de la même façon... Le lundi matin est un de ces jours où on est heureux de revenir au lycée, du moins pour revoir ses amis. C'est ce même jour aussi qu'on a l'envie de raconter son superbe week-end à tout le monde : les beuveries ou autres choses que semblent faire la plupart des adolescents de mon âge... C'est d'ailleurs aussi pour cela que je n'étais jamais pressé d'être le vendredi soir. Ce n'était tout simplement
pas moi ; mais cela semblait être comme cela
pour lui...
Mais malgré cela, le lundi reste un jour comme les autres et je l'apprécie à la seconde même où je
le vois passer devant les barrières du lycée. Je sais, je sais. Vous devez penser que, je ne sais pas, je suis étrange parce que je ne le connais pas. Et le pire, c'est que vous avez raison. Mais je ne peux pas m'en empêcher, c'est plus fort que moi :
j'aime passer mon temps à l'observer...
Je souriais presque quelques minutes plus tard lorsqu'une chanson de
Placebo se manifestait dans mes oreilles. Elle disait des choses tellement vraies ; mais que j'aurai aimé changer... Bien sûr que
tout reste pareil et que rien ne change. Mais malheureusement, me dire cela, me faisait du mal...
J'avais envie que cela change.
J'avais envie qu'il me voit.
J'avais envie peut-être même de plus... Mais dans tous les cas,
je ne voulais plus lui être indifférent...
Respire et compte jusqu'à dix, tombe et recommence... Des paroles qui prenaient une
nouvelle signification pour moi.
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Partie 2 :«
Les jours passent et se ressemblent tous ». Je me réveille chaque matin avec cette phrase typique du mec ennuyeux – ou ennuyé – dans la tête ; sans pourtant y échapper...
C'est tellement mortel au fond, que je ne contredirais jamais Raphaël, de dire qu'il ne voudrait «
pas crever d'ennui ». C'est tellement vrai, que n'importe qui détesterait être bercé par ce sentiment ; non ? Du moins, moi, j'aimerai pouvoir m'en passer...
Je finissais la toute dernière page de Dom Juan et me relevais du petit fauteuil grisâtre, pour m'avancer à l'endroit où il m'avait donné en main propre ce livre. Je retraçais ensuite une ligne imaginaire devant la bibliothèque, à l'aide de mon doigt, et trouvais enfin l'emplacement exact, où il avait posé ses mains...
«
Mon cas s'empirait de plus en plus » pensai-je, pour une énième fois, en entendant des pas légers s'aventurer entre la grande masse de bouquins et moi-même. Je penchais la tête, essayant d'écouter le moindre rapprochement et reposais l'½uvre à sa place initiale – tout en continuant de me sermonner mentalement, pour ne pas me faire d'illusion sur la personne. Après tout, cela aurait pu être n'importe qui ; sauf
lui, bien évidemment...
«
Tom, dépêche-toi, on veut savoir la suite ! » entendis-je soudainement, une table plus loin. Je reportais alors mes yeux vers la personne qui avait parlé et découvrais pour la ' je ne sais combien de fois ' un brun aux yeux verts, que je pourrais remarquer à n'importe quel coin de rue, puisqu'il est ami avec lui.
«
Je reviens dans deux minutes » répondit la voix qui, maintenant, semblait chanter depuis quelques jours à mes oreilles. Je soufflais doucement, comme si je voulais avoir le cran de faire quelque chose ; mais m'en dissuadai lorsqu'il arrivait dans mon champ de vision, la seconde d'après.
Il me semblait que sa voix était dure, mais pourtant nuancée de douceur. C'était à la fois rassurant et attirant ; et je trouvais que cela lui donnait encore un peu plus de charme... «
Je ne savais pas qu'on se retrouverait aussi vite... » Ses mots coupèrent toutes pensées en moi et laissèrent des rougeurs au niveau de mon visage, sans que je ne décide de quoi que soit...
J'étais intimidé et me demandais même s'il l'avait remarqué. Je ne savais pas quoi répondre, me trouvant stupide alors qu'il essayait sûrement d'engager la conversation. Je me mordillais donc les lèvres, comme pour faire ressortir ce nouveau stress entré dans mon corps et décollais les quelques cheveux qui me collaient à la nuque... «
Moi non plus... » Lâchai-je au bout d'un instant qui semblait tellement long pour ma part.
Il s'approcha ensuite, seulement de quelques pas, mais ce fût assez pour que nos épaules se frôlent. Je me pinçais alors plus fortement les lèvres, les tordant légèrement, et fermais doucement les yeux, alors que je pouvais sentir son parfum, son odeur.
C'était la toute première fois que l'on partageait un si petit espace et cela me mettait dans un état presque second. J'avais l'impression de pouvoir connaître un peu plus de choses sur lui et cela ne faisait qu'accentuer les battements de mon c½ur. «
Je suis vraiment bizarre de réagir comme ça alors que je ne le connais même pas » pensai-je au plus profond de moi.
«
Tu penses quoi du bouquin alors ? » Il remit le livre à sa place attribuée et me fit face, tout en laissant son index sur l'étagère. Il me sourit légèrement, laissant de petites fossettes apparaître et leva un sourcil, à cause de l'attente de ma réponse.
Je ne savais encore une fois pas quoi répondre. Enfin du moins, je me demandais s'il valait mieux dire la vérité ou non. En fait, je ne me voyais pas vraiment lui dire que j'avais apprécié cet ½uvre juste parce que je nous avez imaginé : lui comme personnage principal, et moi comme une de ses conquêtes passagères... «
J'ai bien aimé dans l'ensemble et toi ? » Je lui parlais d'une voix presque assurée ce qui me perturba quelque peu.
Je me retournai, lui faisant face à mon tour et essayais de le regarder, sans avoir l'air d'admirer ou de « mâter ». Je fixai alors un point précis vers ma droite quelques secondes et ramener mon regard vers lui, pour essayer de ne pas trop faire l'intéressé.
«
Aussi. Sauf la fin, je ne saisis pas trop l'intérêt » me répondit-il tout en haussant les épaules deux fois de suite. Il me fixa tout de même et se mordilla la lèvre inférieure, au niveau de son piercing, alors que je ne pouvais empêcher mes prunelles de scruter chacun de ses gestes.
«
Il n'avait pas à prendre les femmes comme des objets » lançai-je directement, mais avec, tout de même, une pointe de timidité. Il semblait aussi étonné que moi de ma réponse, mais souriait quand même, laissant ses dents blanches apparaître.
«
Il les aime toutes d'une certaine manière » Il esquissa un sourire presque triomphant, puisque je ne répondais pas ; et me fixa droit dans les yeux pendant quelques secondes. J'avais l'impression de me perdre dans une mer chocolatée mais remontai vite à la surface pour continuer notre « conversation ».
«
Ouais, il les apprécie mais juste pour... ». Je ne finissais pas la phrase par envie et aussi parce qu'il devait avoir compris ; puis lâchais notre contact visuel, pour mon bien.
«
Coucher ? » Finit-il par dire. Il posa ses yeux sur moi, me regardant de bas en haut, et me faisant rougir, puis continua : «
Ouais, il les aiment aussi pour ça »
«
Que pour ça. Et je crois que les hommes n'ont toujours pas changé à notre époque ! » Balançai-je au tac au tac. Je soupirai, me souvenant de mon passé et mis ma main dans la poche arrière de mon jean Diesel. Je levai ensuite les yeux au ciel, lorsqu'il fronçait les sourcils pour chercher à comprendre. Je trouvais cette mimique mignonne, mais je n'étais vraiment pas près à me confier à quelqu'un sur une histoire amoureuse gâchée ; et surtout au garçon qui me plaisait...
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Je mordillais le crayon à papier de mes dents, alors que je cherchais la réponse mathématique à cette inéquation. Je n'avais jamais apprécié cette matière et mon professeur m'en était reconnaissant en me rendant de sales notes, sur mes copies quasi-blanches. En fait, je m'en fichais un peu, même si je savais très bien qu'il faudrait que j'y travaille beaucoup aux prochaines vacances d'avril ; au moins pour avoir la moyenne à ce fichu baccalauréat.
Je soufflais, bougonnant légèrement, alors que je tortillais une mèche de cheveux entre mon pouce et mon index. Il me semblait que quoi que je fasse, je ne trouverai pas la solution ; comme à mon habitude. Je décidais donc de fermer le livre, ainsi que mon cahier, pour regarder aux alentours.
Évidemment, mon regard se posa instinctivement sur la porte d'entrée qui s'ouvrait une nouvelle fois, à peine une demie seconde plus tard. Mon c½ur s'accéléra, tambourinant un peu plus fort contre ma poitrine, alors que Tom regardait dans ma direction. Il sourit, laissant apparaître sa dentition, et s'approcha, s'asseyant en face de moi. Je baissais alors mon visage sur mes doigts enlacés, pour cacher quelques rougeurs apparentes...
«
Salut ! ». Sa voix était joyeuse et l'on pouvait sentir au timbre de sa voix que rien ne pouvait le déstabiliser. Cela m'effraya quelque peu, mais étrangement, je n'y fis pas vraiment attention, préférant lui répondre.
«
Hey, tu vas bien ? ». J'avais essayé de répondre le plus naturellement possible, mais ma voix me joua un mauvais tour en tremblant légèrement. Je levais alors la tête, mais n'osa pas poser mes prunelles sur lui.
«
Ouais, assez. Et toi ? » Me répondit-il en se penchant sur la table, pour prendre un contrôle de mathématiques dépassant de mon cahier. «
Oh, cinq sur vingt. Moi qui pensais que tu étais un élève brillant... ». Il releva son visage et accrocha son regard au mien pendant quelques secondes, qui me parurent très longues, ou peut-être trop courtes, je ne sais pas vraiment...
«
Sa va. Et euh, je déteste les maths en fait ». Mes yeux se posèrent sur la table, puis sur ses mains, qui tenaient la preuve de mes échecs. Elles avaient l'air agréablement douces ; dures, quelque peu abîmées, mais inévitablement douces...
«
Moi pareil... ». Un silence s'installa et je me maudissais de ne rien trouver à dire. J'avais l'impression que quoi que je dise, ce ne serait pas assez bien ; ou peut-être pas assez intéressant pour lui... «
Tu as coupé tes cheveux... » Dit-il finalement, alors que ses prunelles se baladaient au niveau de mon visage et de mes épaules.
«
Hum, oui. Je voulais changer un peu et me refaire une couleur. Je ne sais pas si... ». Je pouvais sentir son regard sur moi et bizarrement, cela me réchauffa le c½ur. Je décidais donc de lever les yeux en sa direction et fixais son piercing prisonnier entre ses dents. J'avais tellement envie de l'embrasser, là...
«
Si, si ! » S'empressa-t-il de répondre. «
Enfin, je veux dire, ouais, ça te va bien. Et pour tout t'avouer, je te trouve... ». Il me fixa droit dans les yeux, et se pinça légèrement les lèvres, avant de détourner le regard. «
Plutôt mignon » Termina-t-il.
«
Mignon ? » Un rire nerveux sortit de ma bouche alors que je devenais rouge, comme une tomate. Je ne savais pas s'il voyait que ses mots avaient une certaine signification pour moi, sûrement différente à la sienne ; et que cela me mettrait bien plus que mal à l'aise si je les interprétais mal : peut-être qu'il le disait souvent après tout ? «
Ça ne sert à rien de s'emballer pour de simples mots » pensai-je, comme pour me protéger d'un éventuel malentendu.
Il ne répondit pas aussitôt et souffla légèrement avant de rire à son tour. «
Uh, ouais ». «
Bon, je vais y aller, les gars doivent m'attendre... Alors, hum... peut-être à demain ? » Finit-il par dire en se levant et m'adressant un sourire assez gêné.
«
Oh, ouais ». Je clignais légèrement des yeux, les mots ayant du mal à sortir d'entre mes lèvres. Il partit, me tournant le dos et je pouvais l'entendre se chuchoter quelques mots à lui-même ; sans pour autant en comprendre quelque chose... Alors comme ça il me trouvait vraiment mignon, ou était-ce seulement par pure politesse et sympathie ? J'espérais au fond de moi-même que ce soit la première réponse, et non la deuxième...
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Une semaine était passée et on s'était croisés à de nombreuses reprises. Seulement, il faisait comme s'il ne me voyait pas ; ou peut-être étais-je simplement redevenu aussi transparent qu'avant ? Je n'avais pas de réponse et des tas de scénarios se mélangeaient dans mon esprit, alors que je parcourais une étagère à la recherche d'un nouveau livre ; pour passer le temps. Je ne savais plus vraiment quoi penser, penchant sur l'hypothèse qu'il avait voulu être poli sur mon changement ; et non pas qu'il le pensait véritablement. Cela me pinça légèrement le c½ur, mais je préférai plutôt être clair avec moi-même, pour éviter quelques dégâts en mon intérieur...
Je laissais l'air passer entre mes lèvres, alors que ma main se posait instinctivement dans la poche arrière droite de mon jean. Je regardais, sans vraiment faire attention, la rangée de bouquins qui n'attendait qu'une chose : être lue. J'aimais vraiment lire. C'était une occupation, un passe-temps, un plaisir, que je m'accordais à faire le plus souvent possible ; même si pour un bon nombre de personnes, la lecture était plus un fardeau qu'autre chose. Moi, c'était ma seule échappatoire, qui pouvait parfois paraître réelle, et d'autre fois irréelle... Tout comme pas mal de choses dans la vie qui nous entourent...
«
Tu vas aller lui reparler ? » Demanda une personne. «
Je ne sais pas. Ma dernière tentative n'a pas été des plus convaincante ! » Entendis-je répondre. Il me semblait que cette dernière voix appartenait à Tom, mais je n'étais pas vraiment sûr, à cause d'un groupe qui criait à quelques pas de moi...
«
Tu feras peut-être mieux la prochaine fois » La voix se fit limite rieuse, alors que je reconnaissais la voix du meilleur ami de Tom. «
C'est tellement rare de te voir douter de toi, que ça en devient hilarant ! ».
«
Il n'y a rien de drôle... Peut-être que je ne suis tout simplement pas son genre... ». Il souffla, puis continua : «
Il a rit quand je lui ai dis que je le trouvais mignon ! »
«
Tu m'as dis que ça devait être nerveux... Et en plus, il a rougit ! ». Je me pinçais les lèvres, souriant légèrement à l'idée que je pouvais peut-être lui plaire. Sûrement pas autant qu'il m'attire, mais au moins un minimum...
«
Peut-être de l'embarras ? » Demanda-t-il d'une façon étrange à la personne qui devait lui faire face. Un silence s'installa, puis j'entendis soudainement leurs chaises bouger ; signe qu'ils allaient partir...
«
Tu comptes faire quoi ? » Questionna son meilleur ami, d'une façon taquine.
«
Rien. Je vais attendre de voir s'il vient me parler, pour commencer... » Répondit le dreadé. «
J'ai fais le premier pas, alors si vraiment je lui plaisais, il viendrais me voir, non ? ».
Je n'entendis plus rien ensuite ; mais le fait d'entendre cet échange entre eux, me mettait dans un drôle d'état. Je me posais des centaines de questions, qui convergeaient les unes avec les autres vers une même direction... Était-ce vraiment de moi dont il parlait ? N'avait-il dit ces mots qu'à moi ou les avait-il aussi dit à un autre garçon ? Je ne savais pas vraiment quoi faire, mais je me disais, que de toute façon, il fallait absolument que je fasse ce deuxième pas... C'était la seule solution qui s'imposait de toute façon et j'avais l'envie d'aller le voir, ne serait-ce que pour parler...
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Je le vis aller au fond de la bibliothèque, et sans m'en rendre vraiment compte, mes pieds suivaient exactement le même chemin... Je n'avais pas arrêté de penser à ce qu'il avait dit tout le week-end et je ne pouvais m'empêcher de vouloir le voir, seul à seul ; comme toutes les fois...
Je ralentis, et regardai vers la droite. Il était là, légèrement appuyé contre l'une des étagères ; son côté gauche collé contre le bois brut. Je me pinçai les lèvres, le stress montant de plus en plus dans mon corps ; comme une vague de chaleur s'intensifiant à chaque seconde qui avançait...
«
Hey, Tom... » Dis-je d'une voix presque cassée. J'avais l'impression que toute ma salive avait disparue, m'empêchant de pouvoir lui parler aussi naturellement que je l'aurai voulu... Je passais mes doigts dans mon dos et les triturais, alors qu'il se retournait vers moi.
«
Salut ! ». Il parlait tout en s'avançant un peu plus vers moi. «
Quoi de neuf ? ».
«
Tu me faisais la tête ? » Demandai-je sans répondre à sa question. Je ne savais pas si c'était un bon départ de discussion, mais je voulais vraiment savoir la raison ; dû moins, l'entendre de lui-même. «
J'avais l'impression que tu m'évitais... » Continuai-je peu sûr de moi.
«
Oh. Non, ce n'est pas vraiment ça. » Commença-t-il, tout en se grattant au niveau de la nuque. «
C'est que... la dernière fois tu avais l'air gêné de ce que je t'ai dis et... je ne savais pas trop quoi faire par la suite... ».
«
Je ne m'attendais pas à ce que tu me dises ça l'autre jour... ». Je regardai aux alentours, pour éviter son regard, qui me faisait presque fondre sur place à chaque fois. Je me positionnais ensuite dos à la rangée de livres, et soufflais légèrement, comme si cela me permettrait de continuer cette conversation...
«
Je ne pensais pas que tu allais rire ! » Ajouta-t-il d'une façon beaucoup plus légère que lorsqu'il en avait parlé avec son meilleur ami. «
C'était sûrement nerveux... ». Il marcha jusqu'à être en face de moi et sourit franchement lorsque nos regards se croisèrent. Je rougis légèrement, comme à chaque fois qu'il posait ses prunelles sur moi, et le vis sourire de façon taquine. «
Je savais que tu allais m'entendre... ».
Je levais mon sourcil et plissais quelque peu les yeux, comme pour essayer de comprendre. J'avais beau chercher, je ne voyais pas de quoi il parlait. «
Quoi ? ».Il rit doucement, laissant mes oreilles s'imprégner de la mélodie de sa voix ; alors qu'il me regardait d'une façon déstabilisante...
«
Vendredi, » Commença-t-il tout doucement, comme s'il faisait une pause, pour me faire languir de la suite. «
Je savais que tu écoutais ce que je disais, à propos de toi... ».
J'ouvrai grand les yeux, tels des soucoupes, et me pinçai furieusement la lèvre inférieure en voyant de quoi il parlait. Je regardai aussitôt ailleurs ; et riais encore plus nerveusement que la dernière fois...
«
Au début, tu avais l'air tellement... » «
Coincé ? » Dis-je pour finir sa phrase. Il me regarda avec une certaine incompréhension, puis me fixa «
Je pensais plutôt à timide... ». Il sembla quelque peu gêné de ma réaction, mais continua tout de même : «
Je voulais voir si tu ferais un pas vers moi, toi aussi ».
Je ne savais pas vraiment pourquoi mais je me sentais piqué au vif. En fait, je me demandais franchement ce qu'il attendait de moi... C'était juste pour savoir si j'étais trop timide, ou parce que je lui plaisais ? «
Un pas ? » Questionnai-je, interrogatif.
«
Hum, ouais. ». Il arrêta de parler et s'approcha un peu plus de moi encore. «
Je pense que, j'ai fais des efforts de mon côté, pour venir te voir. Tu ne crois pas ? ». Il me fixa d'un regard dont je ne comprenais pas vraiment la signification, et s'avança encore d'un simple demi mètre.
«
Peut-être, mais moi aussi » Soufflai-je, en regardant mes pieds. Je ne savais pas s'il avait entendu, mais mon ventre se tordait légèrement d'une façon particulière ; et il me semblait qu'à cause de moi, cette conversation était tendue. J'aurai donc voulu paraître plus amical, mais une part de moi-même se protégeait inlassablement...
«
Oui. Mais c'est moi qui aie fait avancer les choses ! » Me répondit-il d'une façon taquine, que seul lui savait faire à la perfection.
Je relevais la tête pour ancrer mes yeux dans les siens, ce qui me déstabilisa au plus haut point. «
Je t'ai vu en premier ! » Me défendis-je au tac au tac. J'abaissai automatiquement la tête et me passai les mains sur le visage, lorsque je croisai son regard amusé. Pourquoi avais-je dis cela ?
Il posa sa main sur l'étagère, près de ma tête et me répondit doucement : «
Tu as l'air bien sûr de toi... ». Il souriait, pour une énième fois et se pencha un peu en avant. «
Hum, j'ai une question » m'avoua-t-il en me dévisageant.
«
Laquelle ? » Demandai-je aussitôt. J'hésitai entre courir loin de lui et paraître complètement coincé ; ou rester ici et répondre à cette question, que j'anticipais comme ' piège '.
Il chercha mes prunelles et lorsqu'il les trouva, me fit un sourire craquant. Je m'empourprais donc, à vitesse grand V et levais un sourcil pour lui faire comprendre que j'attendais. Il détourna les yeux sur ses doigts claquant de temps à autre sur l'étagère, contre laquelle j'étais.
«
Tu... » Hésita-t-il. Il souffla doucement, comme pour prendre un peu plus d'assurance et me scruta, avant de poser sa main gauche sur l'étagère ; me faisant ' prisonnier '. «
Est-ce que je te plais ? » Finit-il par dire, en appuyant son regard sur moi.
Aussitôt j'eus l'envie de me faire tout petit, pour pouvoir disparaître. Comment pouvait-il être aussi direct ? Comment pouvait-il me poser une question où je devais répondre clairement, alors que j'étais du genre à fuir lorsqu'on voulait me tirer les vers du nez ? «
Je suis censé répondre quoi ? » Demandai-je en me maudissant intérieurement d'avoir pu poser une question aussi idiote.
Il se crispa un instant, puis me fit comprendre qu'il ne pouvait pas répondre à ma place, en levant les épaules. J'avais l'impression d'avoir le don pour tout gâcher autour de moi. C'était comme si je faisais continuellement tout ce que je ne devais pas faire avec lui. Et le pire, c'est que j'avais envie de lui crier à quel point il me plaisait. Parce que c'était vrai et que je ne pouvais plus garder cela pour moi seul...
Mais une partie en moi ne voulait pas. En fait, pour tout vous dire, c'était comme si j'étais partagé entre deux idées, deux solutions : d'un côté un ange innocent me disait de prendre garde et de ne pas répondre véritablement, alors que de l'autre côté, un diable maléfique m'inciter à avouer mes sentiments et surtout sauter sur Tom, de la façon la moins appropriée...
«
Je crois que j'ai compris... » Dit-il d'une voix grave et déçu, tout en s'éloignant doucement de moi. Il remit ses mains près de son corps et me dévisagea pendant quelques secondes, alors que je restais impassible. Il commença à partir et là, je me disais qu'il fallait vraiment que je fasse quelque chose...
J'avais la trouille au ventre, par peur que je me fasse des illusions ; qu'il joue seulement avec moi comme a pu le faire mon ex auparavant. Mais en même temps, comment savoir si je ne tentais pas ? Comment savoir s'il était sincère si je ne lui donner aucune chance ?
Je me mordis la lèvre avec force et lui disais d'une petite voix : «
Beaucoup ». C'était sorti simplement et sincèrement d'entre mes lèvres et je savais très bien qu'il avait entendu... Il s'arrêta – restant de dos – et je pouvais imaginer ses dents se resserraient sur sa lèvre inférieure.
«
De quoi, beaucoup ? » Il se retourna pour me faire face, et posa ses yeux sur moi, tout en se rapprochant. Il fit ensuite une drôle de tête, attendant ma réponse, qui mettait longtemps à arriver. Il en faisait exprès ou quoi ?
Mes doigts se posèrent sur le bas de mon tee-shirt, pliant la bordure cousue, pendant que je cherchais les bons mots. Et le pire c'est que je ne les trouvais pas.
J'avais tellement la manie de mal faire avec lui, qu'un nouveau stresse s'empara de moi. J'étais presque figé, réfléchissant pendant quelques secondes, mais finissais quand même par entrouvrir les lèvres ; je ne voulais pas laisser passer ma chance d'être avec lui, aussi petite soit-elle. «
Tu – Tu me plais vraiment beaucoup » Bégayai-je en rougissant violemment.
Il sourit largement, et se retrouva en face de moi en même pas deux secondes. Il était vraiment près de moi et je savais que j'allai défaillir d'un moment à l'autre. Je pouvais sentir son souffle contre ma joue et ses mains se posaient très près de mon visage –mais sur les étagères, comme précédemment. «
Et moi je te trouve réellement mignon... » M'avoua-t-il, me faisant perdre peu à peu pied face à lui.
Je fermai les yeux et posai instinctivement mes doigts sur le bas de son tee-shirt, juste par peur qu'il s'enfuie. Je le tenais bientôt plus fermement lorsqu'il bougeait d'un millimètre. Je ne voulais et ne pouvais tout simplement pas le laisser s'échapper. Et on était tellement proche à présent que je perdais le contrôle de moi-même encore une fois...
Je passai mes mains sur sa peau, remontant légèrement son tee-shirt et me mordait furieusement la lèvre inférieure. Sa peau était vraiment douce ; et je m'imaginais déjà la toucher du bout des doigts, l'effleurer jusqu'à voir apparaître de nombreux frissons dus à mon passage. Je me voyais même toucher cette partie de mes lèvres...
Ses doigts se posèrent sur mes hanches nues, me faisant frissonner. Non, en fait, le mot était faible ; c'était plutôt comme si chacun de ses gestes envers moi m'électrocutaient, me foudroyaient à m'en faire perdre la tête. Et ça faisait mal et tellement de bien en même temps que je n'arrivais pas à avoir d'idées cohérentes en moi...
Son visage se rapprocha du mien, mais dévia dans mon cou. Je pouvais alors sentir son odeur et ses mains me collaient à lui. On ne parlait pas, comme si nous n'en avions pas un réel besoin. En fait, chaque geste ou mouvement parlait pour nous et c'est en sentant ses lèvres sur ma peau que je comprenais que j'étais déjà foutu.
Mon c½ur rata un battement, ou peut-être plusieurs, lorsqu'il suçota ma peau entre ses lèvres fines. Je le serrai contre moi et remontai mes mains dans son dos – toujours sous son tee-shirt. C'était tellement agréable de pouvoir sentir ses muscles bouger à chacune de mes caresses que je ne pouvais déjà plus m'en passer...
Il remonta sa bouche en direction de ma mâchoire et la fit arriver à la commissure de la mienne ; ne m'embrassant donc pas réellement. Il releva ensuite son visage vers moi, me fixant d'une façon intense et pressait la peau de mes hanches entre ses doigts. Il me rendait déjà tellement dingue, que je me demandais vraiment comment cette histoire tournerait...
Je comprenais seulement maintenant pourquoi il m'attirait tant. Enfin du moins, je m'en rendais compte réellement tout de suite, en scrutant son visage et ses yeux noisette. Il était beau, attirant et étrangement, j'avais l'impression que je le connaissais déjà. Je ne voyais donc, plus pourquoi douter de lui et posai mes lèvres contre les siennes. Un baiser doux en surface se transforma vite en un baiser langoureux approfondi. Je pouvais sentir sa langue dansait qui contre la mienne, ses mains qui me caressaient délicatement et son parfum qui m'enivrait complètement.
Je restai paupières clauses et profitai au maximum de ce moment ; l'étreignant, l'enlaçant pour ne plus le laisser partir. Je perdais presque pied et me déconnectais petit à petit de ce lieu, pour ne penser qu'à ce que nous faisions. Je faisais abstraction de tout, sauf de lui. Et c'était finalement lorsque son corps se rapprochait encore un peu plus du mien, que j'avais compris que ce n'était pas seulement un jeu...
Je tombai et était déjà irrévocablement amoureux de lui et je savais que de toute façon, je ne pouvais plus rien faire pour empêcher cela. Et de toute manière, qu'en avais-je à faire ? Je ne voulais tout simplement plus me détacher de lui et ça je l'avais compris en regardant ses prunelles devenus plus foncés que les autres fois...
«
Ça veut dire que l'on est ensemble ? » Soufflai-je contre ses lèvres rosies par la pression faite des miennes il y avait à peine quelques secondes. Il passa sa main sur ma joue, l'effleurant et m'embrassa chastement à de nombreuses reprises. Comme s'il ne me rendait pas assez dingue comme cela...
Il me fixa ensuite, d'une nouvelle façon, et étrangement, je trouvais cela bien plus qu'agréable. Il s'éloigna de quelques pas de moi et me pris la main, pour sortir d'entre les étagères. Ils nous fis ensuite partir de la bibliothèque et c'était seulement à ce moment qu'il finissait par me dire en souriant : «
Y'a plutôt intérêt ! ».
Il reposa
ses lèvres contre les miennes – avant de se retirer – et resserrait mes doigts entre les siens, comme le ferait n'importe quel couple. Mon c½ur se réchauffa et des milliers de papillons dansaient dans mon ventre. J'étais bien, vraiment bien ; et j'espérais qu'il me ferait sentir « toute chose » à chaque fois qu'il se trouverait dans les parages...